Tout d'un coup, le monde qui m'entourait m'a semblé devenir ce que j'appelerais « un grand n'importe quoi intergalactique ».
La place « Henri Dès » -ou « Henri II », je ne me souviens plus très bien- était vide.
Il pleuvait, ma chemise Dior était trempée, le bouquet de roses était depuis longtemps expédié à la poubelle, et pour courroner le tout, la coke n'agissait plus. Fin de soirée.
Que faire un samedi soir, à deus heures du matin, avec une chemise Dior détrempée, 10 grammes de C, et 2 nuits blanches dans le nez ? (ou alors, est-ce les 10 grammes qui sont dans le nez ?).
J'établis alors une « Tchèque-liste » (que viennent faire les Tchèques là dedans ?) :
-Chez manu : non, fini les plans OM/PSG
-une pute : non, trop vulgaire
-un ciné : non, je suis clostrophobe
-Maman : non, il est trop tot...
-un bar : non, un peu de classe, tout de même !
-une discothèque, alors ? : non, trop de puceaux boutonneux
-mmmh... Un club privé, super branchouille, un peu lounge sur les bords, open bar, happy hour, soirée mousse, ecstas à gogo, putes classes : Voté OUI à l'unanimité.
Je suis direct emballé, croise un taxi et me jette sous ses roues :
« -Vous allez où ?
-Au red apple » dis-je d'un air jeune, sensuel, et avec un hochement de tete, cmme dans les pubs. « Et vous ? » rajoutais-je non pas pour le destabiliser, ni l'encombrer de questions connes, mais pour engager une sorte de discussion et pour eviter ce genre de blanc où l'on entend les mouches voler (à Paris) et les cigales... Cigaler (à Marseille). Le chauffeur me regarde d'un air stoïque, m'essuie le nez macculé de blanc, lèche son doigt, me souris d'un air malsain, et annonce la couleur :
« au red apple ! ».
Au raide appel ? Quel est ce message codé ? serait-ce un dealer ? Quel est la signification de ces mots ? En fait je crois que la Coke agis encore : à mes yeux, il parle a 200 à l'heure, bouffe les mots et conduis comme un schumacher... je suis déchiré.
Enfin, de toutes façons, je ne cherche plus à comprendre quoi que ce soit depuis que juliette m'as giflé, il y a 20 minutes. Je crois qu'elle n'aime pas les mecs qui ont une chemise Dior trempée et qui de plus, n'assument pas leur responsabilités quand viens la phrase, que dis-je, la sentence :
« je suis enceinte ».
Mais quel homme normalement constitué peut-il endurer cela ?!
Je suis à l'arrière d'un taxi, je viens de sniffer un rail sur le bloc-note (sur lequel je conte mon anecdote) et ce soir, 22 novembre 2002, moi, Léo Soléri trentenaire déséspéré, je lance un appel aussi desespéré que moi à toutes les citoyennes femelles françaises :
« Où te trouves-tu, sublime muse, toi qui arreteras de nous peter les couilles, à nous, simples mortels ?! »
Voilà, c'est fait.
Je peux enfin me saouler la gueule l'esprit et le c½ur vidés, l'âme en paix.
Que le seigneur vous benisse.
Arrivée au ... Raide appel, je tire deux nouveaux rails sur le capot du taxi.
N'ayant pas de quoi payer ce pauvre smicard, je lui fais partager ma poudreuse, en gage de paiement. Ne tenant pas à cette drogue, il m'offre un billet de 100¤.
Maintenant il faut faire les comptes :
-A vue de nez, il me reste 5 grammes.
-je crois que j'ai des clopes.
-je suis néo-célibataire
-je vous emmerdes tous
-c'est pas ce soir que je me flinguerais
-par contre, c'est ce soir que :
1) je baise dans des chiottes 5 étoiles.
2) je me ruine en matiere de défonce (taz, coke, alcool, MD...).
3) je défonce le barman.
Je connais bien le videur, il me laissera rentrer facilement : quand Joseph (oui, il est black, oui c'est son nom, oui il est videur... Comme tous les Joseph black martiniquais) à appris pour Juliette et moi, il m'as lancé un genre de :
« -ah bravo Léo ! Une de perdue...
-Ouais je zais, dissedertrouvé, je zais !!» dis-je d'une vois rocailleuse, qui apparament ne m'appartenait pas... Et qui, en plus de cela, bouffait les mots...