« Retour au blog de RadioTartass

Sous la pluie

Sous la pluie
Rien qu'à l'idée qu'elle reparte, j'en avais déjà le c½ur serré.
Mais ce matin, dans la voiture qui nous amène à la gare, j'ai du mal à me contenir. Je fais mine d'etre de bonne humeur, mais quand elle me demande si « ça va ? », je répond « non ».
J'esquisse un petit sourire timide en la regardant dans les yeux, mais dès qu'elle m'embrasse, je dois garder mes larmes sous mes paupieres.
Je profite de nos derniers instants ensemble. Je la serre fort contre moi, je veux pas qu'elle parte. Je veux pas que tu partes.

Maintenant, on est sur le quai. Là, ça commence à me pincer le c½ur. Je lui bouffe le regard pour l'impregner au fond de ma rétine.
- Le train en provenance de Nice et à destination de Bordeaux va entrer en gare. Veuillez vous éloigner de la bordure des quais...
Oh non... Ta gueule.
Putain, Seigneur, ou je sais pas qui, faites que ce putain de train déraille, ou un miracle du genre, j't'en pris... Désolé de te dire ça Petit Jésus mais t'as vraiment merdé sur ce coup là...

Je lui monte sa valise, je l'embrasse, je l'enlace à lui péter les côtes, je lui dis que je l'aime et qu'elle va énormément me manquer, que je me demande comment je vais vivre sans elle, ça fait cliché mais j'ai jamais été autant sincere qu'aujourd'hui.
J'ai du mal, mais j'arrive encore à me retenir de pleurer.
« S'te plais montes pas, montes pas dans ce putain de train, j't'en supplie mon c½ur... ». Tiens, j'ai une voix de prépubaire...
Le mec en bleu souffle dans son putain de sifflet et je la laisse s'en aller...

Dans les films, le mec cours après le train, monte dedans, retrouve sa bien aimée, lui dit qu'il l'aime en montrant toutes ses dents, ils s'embrassent, vécurent heureux et aureûtes beaucoup d'enfants.
Mais aujourd'hui, pas de caméras, ni de réalisateurs.
Juste moi, qui reste planté là comme un con, paralysé.
Elle se contente de sourire en versant une larme à la fenetre du train.
Et moi je laisse partir le train. Quelle merde.

Je suis vite sortis de la gare, cet endroit horrible.
Je sors, j'allume une clope en tremblant, je me rend compte qu'il pleut –comme dans les films, tiens !- et là je sens qu'à chaques secondes, elle s'éloigne de plus en plus de moi, je sens la moitié de mon c½ur qu'elle avait conquis s'envoler avec elle, ça fait tellement mal que je fond en larmes deux heures durant, réalisant qu'elle sera plus là, que je vais dormir seul pendant longtemps, que j'aurais plus ses mots doux à l'oreille, que je pourrais plus gouter a ses levres, que je ne fondrais plus en regardant ses yeux noirs, que je ne pourrais plus passer main dans ses cheveux lisses ni entendre son rire.

Je suis rentré chez moi en pleurnichant comme un môme. Le plus dur, ç'a été de rentrer dans ma chambre sans elle, sans son sac à côté de la porte et surtout sans sa présence. C'est vrai, ça ! il fait super froid maintenant dans ma chambre. Là j'ai vraiment pleuré toutes les larmes de mon corps.
Je découvre qu'elle a oublié un collier de coquillages dans ma salle de bains. Je pleure encore en le mettant autour du cou.
J'ai pleuré tout ce mardi après-midi.
Et dire qu'il y a moins de 24 heures, j'étais un mec heureux.

Aïe... J'ai mal au fond de la poitrine...

A l'heure qu'il est, je craque en écrivant ces lignes, et je plonge mon visage dans mes mains

# Posté le mardi 04 novembre 2008 12:47

« Article précédent : Elle <3

Article suivant : Lettre à Charlotte »